Ils est communément admis que le Kinbaku a des rapports très forts avec l’hojojutsu ; pour certains même, le premier serait directement issu du deuxième.  Cet art érotique se transmet d’ailleurs comme un art martial, son étude demande la même rigueur, utilise les mêmes outils pédagogiques.

Mais voilà, un art martial pour se développer a besoin d’un ennemi virtuel ou potentiel.

Choisir, désigner, ou créer un ennemi est souvent un excellent moyen de souder un groupe, une équipe, une société, une nation… Dynamique catalysante, créatrice d’ordre, de valeur morale… L’autre, nié, devient l’élément le plus important du groupe, de l’effort collectif, du dépassement… Mortier de l’ensemble.
L’hojojutsu, dans sa forme et son application la plus pragmatique, est dans la négation/l’opposition/le contrôle. Cet art, du domaine de la guerre, de l’ordre et de la punition pénale, définit clairement son ennemi : l’autre.
Qu’il soit potentiel ou bien réel, cet autre/ennemi est la raison évidente à l’amélioration de la technique.

Les pratiquants du Kinbaku seront loin de cet état d’esprit. L’autre, celui qui est à l’autre bout de la corde, devient le miroir de notre expression, parfois générateur parfois suiveur attentif, souvent les deux. La pratique entre dans le domaine de l’écoute, de l’attention, du plaisir, du désir, de la sublimation… Le rigger et le modèle deviennent alors partenaires, (même quand ils jouent l’affrontement) complaisants et aidants.

Bien sûr, en tant qu’activité humaine, le Kinbaku trouvera dans son expression publique la jalousie et la rivalité, valeurs qui engendrent la notion d’ennemi. L’autre, celui qui les représenterait, deviendrait notre ennemi potentiel. Moteur de développement, il serait donc indispensable. Le risque de sa disparition serait dangereuse pour notre évolution. Et nous organiserons notre progression suivant les rivalités et jalousie qui paveront notre chemin. Omniprésences finalement dans nos pensées et dans nos actes, nous réduirons notre propos à l’expression et à la satisfaction de notre égo.

Notre Ego ? Une valeur à combattre non ?
Mais aussi : Son ambition. Notre quotidien. Le stress lié. Nos dégradations corporelles. Nos peurs et leurs projections. Ces états mentaux qui nous limitent, nous enferment ou nous font exploser. Nos addictions…
Nous-même, ou notre partie la moins lumineuse. Ce grand tout qui nous pèse et qui, au moment de nos actes, floutera notre perception, diminuera notre capacité à intervenir, créer, comprendre, proposer…

C’est ce qui peut être appelé en arts martiaux : l’Ombre, notre Ombre. L’ennemi le plus potentiellement dangereux.

Combattre son ombre, c’est combattre le seul ennemi qui connaît et exploitera chacune de nos faiblesses.

C’est le combat le plus universel.
Celui qui nous fera travailler sur notre rapport à nous et par conséquent améliorera notre rapport a l’autre.
Celui qui améliorera notre vigilance, notre posture, notre relâchement… qui nous transcendera.
Celui qui n’a certainement de fin que la nôtre et que nous prolongerons certainement d’une activité à une autre, d’une période de vie à une autre…

Le pratiquant de Kinbaku sera bien grandi de choisir cet ennemi, cet autre moi. A lui d’affûter sa stratégie pour cultiver une attitude positive loin de nos plus misérables et basses tendances humaines. C’est alors qu’il s’inscrira dans une logique évolutive commune à chaque adepte de DO/Tao/Développement personnel… Choix tout aussi judicieux pour le pratiquant d’hojojutsu avisé !

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