Le noeud originel.

Nous pourrions aussi traduire par : “le nœud véritable”, “l’origine du  nœud”, “le sens du  nœud”…
Le stage d’Otonawa Sensei à Berlin fut un retour sur une base du Kinbaku. L’étude des  nœuds, ou plutôt du  nœud. Le premier  nœud : serré, fermé, qui ne s’ouvrira pas et qui n’a pas besoin d’être sécurisé. Selon la direction de la corde, il sera parfaitement stable ou non.
De là, tout le stage s’est déroulé logiquement. Les points de travail furent la structure, sa stabilité et le sens du détail. Les cordes sont intelligemment vrillées à certains endroits pour accroître la stabilité et améliorer “l’esthétique” de la figure. L’exigence sur la qualité et sur la précision de notre harnais de poitrine à 3 cordes était bienvenue. Sa compréhension et l’attention que l’on y porte semblent être le coeur même de son enseignement. Une forme de Kinbaku que certains compareront à l’origami. Passionné de mouvement et d’organisation du chaos, j’étais certainement l’élève le plus éloigné de cette forme de shibari.
Ma fierté est la gratification du sensei : être parvenu à complètement changer ma pratique pendant le workshop. Il en fut étonné et moi très enrichi… Son show, s’il n’était lui non plus pas dans mon style, a totalement achevé de me convaincre et de me charmer. La théâtralisation du Kinbaku et son utilisation comme outil narratif ne sont décidément pas mes pratiques premières mais éveillent mon goût artistique. Pour conclure, ma première semaine à Berlin fut inspirante.

La dernière fut la présentation de mon travail à ce public d’experts. À travers le prisme du Godaï, j’ai proposé une étude générale de mes choix d’attacheurs. Plus qu’enseigner, cela consistait à amener les participants sur une voie que j’ai choisie. Et ce fut un vrai défi. Cette voie n’est pas la plus présentée, bien qu’elle fasse largement référence à l’art classique japonais. J’ai dû revenir à l’essence même de mon travail et accepter que les explications déroutent et limitent les participants. Il va y avoir pour moi une vraie évolution de la présentation de mon travail et de mes recherches à partir de 2014 ; si je le pressens depuis septembre, Berlin et la confrontation à d’autres cultures et étudiants l’ont confirmé et l’ont pointé du doigt.

Trois semaines à Berlin ont été fortes d’émotions, de rencontres, d’études mais aussi d’évolutions. Il m’appartient de maturer ce nouveau pas, et de le partager avec vous.