Quand j’ai commencé ma première carrière professionnelle (expert en finance et informatique, on ne rigole pas s’il vous plaît), j’ai eu la chance de travailler dans une petite start-up, avec deux experts de la finance humaniste qui avaient cette utopie que la finance doit être utile à tous.
L’un des créateurs avait le dilemme suivant : On ne peut exister dans la finance que si l’on a une vision très court-termiste, la valeur même de notre art ne peut être utile que si on a une vision à long terme et globale (largement plus loin que le spéculateur et l’actionnaire).
Ils ont choisi la vision sociétale. Ce n’est pas compatible avec l’idée d’être une start up et ,le 11 septembre aidant, ils ont disparu. Depuis je n’ai eu qu’un plaisir très mesuré à travailler dans ce genre d’environnement !

Yoroï Shibari n’est pas une start up (Merci Mc Solaar), mais un projet sur le long terme. Je dois avouer que bien souvent, cette construction lente réveille mes insécurités et mes peurs : Est-ce compatible avec l’engouement que suscitent les cordes actuellement? En France depuis quelques années (et j’ai beaucoup oeuvré à cela), mais aussi de façon plus générale en Europe.
Qui aurait pu imaginer cela? Nous, ceux qui écrivent / produisent / expliquent / démontrent / expérimentent et étudient cet art.
Car oui assez étonnamment, c’est un long chemin pour construire un sens à la pratique des cordes.  Je fais partie de ceux qui tentent de rationaliser le sens global de la technique de corde. Qu’il soit corporel, primal(Et non primaire) ou culturel.
Cette année, à l’image des autres, je vais thématiser mon cours (mais aussi mes performances), particulièrement autour de la simplification et de l’utilisation de concepts. Par exemple prendre une technique et chercher avec vous tout ce qui est inutile à l’intérieur (tout ce qui a été ajouté pour vendre du cours…). Mais aussi, à partir des éléments les plus simples, comment construire son habilité et non plus être prisonnier du schéma millénaire, créé pourtant il n’y a pas si longtemps.
La complexité sera toujours dans le corps et le rapport à l’autre.
Dans une activité dite « Artistique », je m’essaye à la création visuelle pour des photos. Comme sur ma première vraie série « Yurei » (fantôme en japonais) qui est un hommage ou une référence à « Hideo Nakata », le réalisateur de « Ring ».
C’est aussi un thème qui démontre l’importance d’entraîner et d’aider les Ukes (modèles) à s’entraîner. Ce genre de position n’est tenable qu’avec une bonne capacité physique et une consience corporelle forte. (ou une résistance et attitude kamikaze)
C’est le but du dojo. Nous entraîner pour nous donner des élèments et outils d’évolution, qui resteront malgré la décrépitude du temps, malgré notre mode vie qui n’est pas toujours sain!
En ce sens, j’aime beaucoup ce documentaire que j’ai retrouvé sur l’esprit du Budo, qui est à mon avis similaire à l’esprit des cordes, mais qui est définitivement loin de l’esprit start-up et de notre société de consommation immédiate :

Vous pouvez l’acheter sur le site de l’ina.

Le mois de Septembre est chargé, en France comme à l’étranger.
Pour la France, après les cours de shibari de ce week end, on enchaîne le 15 avec la rentrée de la Jam D, le 19 une perfomance au Gibus, puis un cours de points de pression le week end suivant. Et on clôture le mois en beauté avec une nouvelle performance le 25! Pour plus de précisions, le calendrier complet ci dessous :

Les prochaines dates

Ps :les sites Yoroishibari.net et carpe-paris.org, vont mieux mais il reste du boulot de reglage technique et d’édition, le mail nicolas@yoiroishibari.net est de retour.